Thailande

le long de la route...

Nous entrons en Thailande par la cote est, via Hat Yai. Ces premiers kilometres nous menent sur une petite route goudronnee, de village en village, et autour de nous, il ne semble pas y avoir de culture qui domine: bananes, ananas, caoutchouc (la Thailande est le premier fabricant de caoutchouc naturel), huile de palme, noix de betel, noix de coco, riz... Des relativement petites sections cultivees se succedent l'une a l'autre, nous montrant une plus grande variete que la Malaysie - il semble que tout peut pousser en Thailande! Au rythme des coups de pedales, nous decouvrons un pays plus vert - et meme extremement vert quand on en vient aux cultures du riz - , ou petites mosquees et temples aux brilliantes couleurs se succedent mais ou les mosquees restent encore predominantes, ou les petites maisons sont toutes ornees de cages aux oiseaux de toutes les couleurs et dont le chant nous accompagnent. C'est aussi sur cette route que nous nous habituerons a la couleur vert kaki des uniformes de l'armee, et aux barbeles...

Puis nous rejoignons Songkla, un peu plus au nord, sur la cote, ou l'on rencontre parmi nos premiers "touristes blancs" depuis notre depart - mais pas beaucoup. Ils deviendront plus nombreux alors que l'on s'approche de Bangkok et que le raz-de-maree de decembre les pousse de la cote ouest vers la cote est. Nous suivons la route le long de la cote, nous battant contre des vents contraires a partir du milieu de la matinee. Plus on avance, plus les mosquees se font rares, et sont remplacees par les temples aux couleurs vertes, jaunes et rouges, et par les gigantesques buddhas couverts de feuilles d'or, qui peuvent atteindre des hauteurs, tailles et largeurs plus que saines...

A partir de Surat Thani, nous continuons notre route vers Bangkok sur une route parrallele a la route principale: route que nous avons prenommee "la route des Bangs". A l'ouest, c'est deja le Myanmar qui se profile, a l'est, le golfe de Thailande. Nos cartes sont moyennes, et il semble il y avoir beaucoup plus de routes et de croisements en realite que sur notre carte. Et des Bangs ou Ban partout - on imagine que ca veut dire "village" en Thai ou quelque chose comme ca, mais parfois les choix sont quelque peu hasardeux entre bang bang hat a gauche et ban bang had a droite... La "route des bangs" est cependant magnifique, petite route qui va de village en village, et ou nous assistons en premiere place au jour du deroulement des elections en pleine campagne - les bureaux de vote sont installes partout, ecole, hangar municipal, centre du village... C'est au bout de la route des bangs, en arrivant sur Prechuap Kiri Khan, que nous devons traverser - apres avoir bien verifie qu'aucun vehicule volant n'arrivait ni par la droite ni par la gauche - rien de moins que la piste de decollage et atterrissage de l'armee de l'air Thai (photo ci-dessus).

Puis nous rejoignons la route principale pour Bangkok, au milieu des camions, motos, et autres combinaisons (moto-voiture, velo-moto, velo-charrette...). Et Mike, champion, arrive a trouver une petite route alternative pour nous faire entrer dans Bangkok.

Nous stressions un peu sur notre entree a Bangkok a velo. Pour faciliter un peu cette tache, nous nous etions dit qu'on y arriverait le plus tot possible le matin (donc dormir une trentaine de km en dehors de Bangkok) quand il y a moins de circulation et qu'on est plus frais, et le week end... Fideles a nos intentions, nous y sommes arrives un vendredi en fin d'apres-midi apres quelques 178km sur nos velos! Mais l'arrivee fut, contre toute attente, magique! Les visages illumines et tous sourires des passants, d'abord, qui les uns apres les autres nous encouragent. Les motos qui aux croisements et aux feux bien souvent nous laissent la place de demarrer avant eux. Et biensur, le circuit d'obstacles! Nous testons notre niveau technique a velo - et on s'en sort plutot bien! A part une fois ou yvoine manque de se faire ecraser par une trentaine de motos venant de la gauche au depart (ni elle ni mike n'avait vu le signe de la main du policier qui disait de s'arreter...), et un ou deux frolements de nos sacs lorsque l'on double les bus, notre circuit a obstacles est presque sans faute, et devient un jeu. Bangkok nous prend par tous les sens, alors que nous arrivons au coucher du soleil... Les couleurs sur cette ville qui bientot va tomber dans la nuit sont magnifiques, les odeurs - avec le piment en particulier des que l'on passe l'un des inumerables petit boui boui le long de la route - nous piquent le nez, et nous font monter les larmes aux yeux. Les sons, partout, de gens qui crient, travaillent, mangent, boivent, des hommes qui font une demonstration de kung fu au milieu de la rue, les sons des moteurs et des tuks tuks, qui en deviennent presqu'une melodie, les hauts parleurs qui debitent on ne sait quoi, le marchand de glace qui fait sonner sa sonnette sur son velo, quelques coups de sifflets... Et nos yeux en prennent plein la vue - tant de choses se passent! Je regarde avec emerveillement une marchande de scotch a un feu rouge - elle a la plus grosse collection de scotch - aux couleurs, tailles, et qualites differentes - que j'ai jamais vu! Incroyable tant de scotch dans si peu d'espace. Et les lumieres de Chinatown - qui celebrent la nouvelle annee chinoise, l'anne du coq - ont du faire du distributeur de neon un homme/une femme heureux! Bangkok respire et vit - et nous nous y sentons bien.

Apres 3 jours de repos a Bangkok, nous partons vers l'est pour rejoindre le Cambodge - au fur et a mesure qu'on avance, le pays devient plus desole, plus sec, plus desertique. Mais nous trouvons une jolie petite route goudronnee qui nous fera traverser des petites collines et un parc naturel - nous camperons dans ce parc qui est une zone de protection des animaux sauvages. A entendre les bruits et sons des dits animaux pendant la nuit dans la tente, et a voir la taille de leur crottin le lendemain matin (mike estime que le crotin est de la taille de la tete d'yvoine...), nous sommes contents de n'avoir entendu ou vu ces signes qu'apres coup...

Notre parcours Thai a eu son degree de difficultes - chaleur et humidite, le poids des velos (50kg pour yvoine, 55 pour mike) vents contraires bien souvent, et quelques journees a collines - rien de tres mechant mais suffisamment pour s'inventer dans sa tete toutes formes d'alternative aussi attrayantes que loufoques, et que l'on s'interdit de considerer de trop pres de peur de ne pas etre fidele a notre projet a velo (!) - s'accrocher a l'arriere d'un des camions qui passent et a du mal dans la montee (mais pas autant que nous), ou derriere une mobilette, ou attacher un buffle devant notre velo, ou quelques poulets (a plusieurs, il devrait pouvoir tirer?), ou monter un petit moteur de tondeuse sur l'arriere du velo, presqu'invisible, etc... Bref, ca ne va jamais bien plus loin que de l'elucubration sous la chaleur, et tant mieux - a notre entree au Cambodge, nous decouvrirons les joies et la facilite des routes goudronnees de Thailande, alors que terre, poussiere et enormes trous beants nous accueillent a peine avons nous passe la frontiere...

//

vous pouvez voir toutes nos photos sur la photolibrary.

<-- back